La matière de l’absence
La Matière de l’absence
Et si l’absence était une présence? C’est l’intuition qui traverse cette exposition conçue par Émilie Fargues, directrice du PCC, réunissant deux artistes céramistes autour de ce que les corps laissent derrière eux lorsqu’ils se retirent.
Asya Marakulina contemple les murs mitoyens des immeubles de Saint-Pétersbourg et de Vienne après démolition. Contours de pièces, restes de papier peint, conduites suspendues dans le vide: l’architecture porte encore l’empreinte de ceux qui l’ont habitée. Ses céramiques en font des portraits fragiles, où l’espace domestique survit à sa propre disparition.
Ninon Hivert recueille les vêtements abandonnés dans l’espace urbain et les traduit en sculptures de terre. Manteaux affaissés, gants vidés de leurs mains: autant de mues qui conservent la posture et le geste d’un corps absent.
D’un côté l’enveloppe architecturale, de l’autre l’enveloppe textile. Dans les deux cas, la céramique donne une permanence paradoxale à ce qui a disparu. L’espace négatif, celui du corps qui a habité, celui du corps qui a porté, devient le véritable sujet de l’œuvre.