Marie Gueydon de Dives
Marie Gueydon de Dives modèle à la main des formes évoquant lichens, champignons ou termitières, structures poreuses qui se développent par circulation et échanges avec leur milieu. Entre forme construite et forme vivante, ses pièces en céramique brouillent les repères. Le corps n'y apparaît jamais comme figure mais comme système traversé de flux, inscrit dans les logiques plus larges du vivant. Un déplacement subtil du regard sur notre propre corporalité.
Pop-up Swissceramics
Swissceramics, association professionnelle pour la céramique en Suisse, est invitée pour une seconde édition à tenir un popup store. Celui-ci se tiendra dans un lieu inédit: l’hôtel Ibis Syles de Carouge. Les visiteur·euses pourront acquérir des céramiques 100% suisses et profiter du café de l’hôtel pour faire une pause bien méritée dans le marathon des visites du Parcours Céramique Carouge.
Platform 2026 · Swissceramics
Avec Platform, Swissceramics met en lumière les meilleurs travaux de diplôme des trois écoles de céramique suisses, le CEPV à Vevey, la SFGB-B à Berne et le CFP Arts à Genève. Cette exposition annuelle offre à de jeunes céramistes un premier tremplin professionnel et témoigne du dynamisme et de la qualité de la formation céramique en Suisse. Une occasion de découvrir les talents émergents d’une scène en plein renouvellement.
Natascha Madeiski
Nourrie par la tradition de la sculpture sur bois du Tyrol du Sud, Natascha Madeiski transpose dans la céramique un vocabulaire de taille directe où incisions, reliefs et profondeurs construisent forme et rythme. Les matériaux industriels et les aléas de la cuisson introduisent résistance et imprévisibilité. Ses pièces portent les traces superposées du geste et du retrait, où le corps de la créatrice dialogue avec la matière, l'espace et ce qui s'y inscrit en creux.
Léonie Chauchat
Le pot, objet céramique par excellence, est le point de départ du travail sculptural de Léonie Chauchat. De cette forme première, elle déploie un répertoire d’«objets coquilles», naturels ou manufacturés, dont elle explore les analogies: pots, corps, coquillages, maisons, autant de contenants protecteurs. Par l’assemblage et le collage naissent des pièces hybrides où le corps se révèle comme notre contenant premier, notre enveloppe, à la fois identité, refuge et outil.
Sandrine Ramona × Chris Murner
D'un corps à l'autre: Chris Murner, maroquinière, et Sandrine Ramona, céramiste, font dialoguer cuir et porcelaine dans une exploration commune du corps. D'une matière à l'autre, souplesse et rigidité, sensualité et délicatesse se répondent. Sandrine Ramona compose des tableaux muraux de pièces uniques en porcelaine où se tissent liens et traces de vie, tandis que Chris Murner travaille le cuir comme matière organique. Leurs œuvres reflètent un corps qui change, se libère et se transforme.
La matière de l’absence
La Matière de l’absence
Et si l’absence était une présence? C’est l’intuition qui traverse cette exposition conçue par Émilie Fargues, directrice du PCC, réunissant deux artistes céramistes autour de ce que les corps laissent derrière eux lorsqu’ils se retirent.
Asya Marakulina contemple les murs mitoyens des immeubles de Saint-Pétersbourg et de Vienne après démolition. Contours de pièces, restes de papier peint, conduites suspendues dans le vide: l’architecture porte encore l’empreinte de ceux qui l’ont habitée. Ses céramiques en font des portraits fragiles, où l’espace domestique survit à sa propre disparition.
Ninon Hivert recueille les vêtements abandonnés dans l’espace urbain et les traduit en sculptures de terre. Manteaux affaissés, gants vidés de leurs mains: autant de mues qui conservent la posture et le geste d’un corps absent.
D’un côté l’enveloppe architecturale, de l’autre l’enveloppe textile. Dans les deux cas, la céramique donne une permanence paradoxale à ce qui a disparu. L’espace négatif, celui du corps qui a habité, celui du corps qui a porté, devient le véritable sujet de l’œuvre.
Nina Malo
Nina Malo ne représente pas le corps, elle le fait advenir. Avec Corps & Graphie, elle déploie des volumes organiques, des courbes tendues et des spirales où la matière se contracte et s’équilibre comme traversée par une énergie interne. Inspirée par le monde marin, elle explore des formes en perpétuelle transformation où affleurent, dans les creux et les cavités, des notions de féminité et d’intimité. Une écriture épurée où la simplicité devient essentielle
Marianne Brand
De céramiste à galeriste, Marianne Brand est une figure majeure de la scène carougeoise. Depuis près de quarante ans, elle déploie une activité foisonnante entre création, engagement et promotion de l'art. À cœur et à corps. Le Parcours dans le Parcours retrace cet itinéraire singulier, de l'ouverture de son atelier céramique en 1969 à la galerie qu'il est devenu, réunissant œuvres, archives et témoignages. Une immersion sensible dans un parcours d'exception.
Amélie Patry
Amélie Patry fait corps avec le paysage. Au fil de marches et de récoltes dans les territoires ligériens et montagneux, elle glane argiles, roches et végétaux pour donner vie à ses pièces. Ses gestes prolongent ceux du néolithique: creuser, broyer, pétrir, modeler. Chaque objet encapsule une géographie intime, figée par le feu. Comme des fossiles faussant l’échelle du temps, ses céramiques semblent ressortir de terre, burinées par les siècles, corps géologiques rendus au visible.
Capucine Pageron
Venue du design d’espace et du dessin, Capucine Pageron a trouvé dans la céramique le médium qui relie ses deux pratiques. Elle conçoit des scènes miniatures du quotidien, maquettes de chambres, cuisines, salles de bain où une figure féminine évolue dans des espaces intérieurs et anachroniques. Ces instants figés rendent hommage aux gestes presque mécaniques de la vie à la maison, au corps dans l’intimité de ses rituels. Un univers entre maquette et cinéma d’animation.
Sixtine Jacquart
Avec Base, Sixtine Jacquart investit les Halles de la Fonderie d’une installation performée où tissu, porcelaine, cuivre et élastiques composent un environnement à la fois protecteur et menaçant. Des gourdes en porcelaine en forme de buste, fragiles et vêtues de gilets de protection, évoquent des corps vulnérables qu’il faut prendre en charge. L’artiste poursuit ici une recherche au long cours sur les liens entre le corps, l’objet et l’espace, où la porcelaine intensifie notre attention et réveille un instinct de vigilance.
Laure Gonthier
Installation mixed-media avec la participation de Benoît Meylan, Jeanne et Vanessa Langer
Dans l’installation immersive What Happens to the Dream when the Dreamer Dies?, Laure Gonthier entremêle céramique, son, texte et voix pour explorer le deuil et la transmission. Le public est invité en s’asseyant sur certaines sculptures, à intégrer physiquement l’œuvre. Il existe une parenté silencieuse entre les gestes de la cuisine et ceux de la céramique: dans les deux cas, la main mesure, mélange, enveloppe, ajuste. Au cœur de l’œuvre, les femmes de la famille de l’artiste: mère, sœur, grand-mère, fille, celles qui transmettent par le silence ou par leurs mains.
La Petite Fumée
Pour sa première participation au Parcours Céramique Carouge, l’Espace Dukat accueille La Petite Fumée, une exposition réunissant huit artistes internationaux sous la direction du curateur Guillaume Martin-Taton. Née dans les années 1990, cette génération développe des pratiques céramiques façonnées par une culture visuelle globalisée, marquée par l’essor d’internet et la circulation des images. Leurs travaux explorent des constructions hybrides et chimériques, mêlant narration fantasmée et art conceptuel.
Fabienne Guyomarch
Fabienne Guyomarch explore les liens entre corps, science et méditation à travers la porcelaine. Par un geste lent et précis, presque rituel, elle construit des surfaces pointillées par pastillage, engageant le corps entier dans un dialogue méditatif avec la matière. Inspirées de l’imagerie cérébrale issue de l’IRM, ses formes évoquent tissus organiques et coupes cérébrales. Chaque bol devient cartographie intérieure, réceptacle fragile où matière et mémoire se rencontrent.
Aline Favre
Aline, de cœur et de terre révèle un univers intérieur sensible, celui d’une artiste pour qui la céramique était un chemin d’accomplissement. Disparue en 2013, Aline Favre a développé une relation profonde avec la matière et le vivant, guidée par la terre, l’eau, l’air et le feu. Dans le grès et la porcelaine, elle cherchait à faire surgir une énergie vivante, accueillant empreintes et fissures comme signes du vécu. Une présence qui continue de rayonner.
Marie-Josée Comello
Le bijou crée une relation intime avec le corps, objet silencieux qui absorbe le temps, le toucher et la mémoire. Marie-Josée Comello prend pour point de départ les bijoux de sa mère, porteurs d’une présence au-delà de l’absence. De cette histoire personnelle naît une réflexion universelle sur l’héritage, les liens familiaux et la transmission par les objets. Ses pièces en céramique explorent la complexité du corps humain, sa force et sa fragilité, entre tangible et insaisissable.
Anne Breton
Aux origines des explorations en terre d’Anne Breton naissent des montagnes. Peu à peu, elles s’animent. Les yeux percés, elles deviennent portraits fantômes. Des jambes et des bras poussent, les apparitions se métamorphosent en figures: enfant paille, femmes buissons, oiseau de nuit. Des corps figés dans le grès mais en mouvement dans nos imaginaires. Ces sculptures esquissent un univers aux frontières fluides, explorant les liens subtils entre la vie et la mort, la nature et ses créatures.
Hélène Loussier
Peintre à l’origine, Hélène Loussier a laissé la terre entrer dans sa vie. Absorbée par la question de la transformation, elle donne forme à des créatures incarnant le passage d’un règne à l’autre, mi-bêtes mi-plantes, surgies de la boue des souvenirs. Ses Petits Esprits naissent du geste pur, images fugitives accueillies sans volonté particulière. Ses Grands Esprits exigent un véritable corps à corps avec la matière, explorant la parentalité et le corps générationnel.
Linda Ouhbi
Linda Ouhbi façonne à la main des sculptures en grès où la finesse des parois devient signature. Ses pièces s’imposent comme des volumes autonomes entre savoir-faire ancestraux et formes contemporaines. Les émaux qu’elle formule elle-même prolongent l’expression de la terre, révélant failles, reliefs et mémoire. Puisant dans les sensations du corps, appuis, tensions et déséquilibres, ses sculptures traduisent un mouvement intérieur, une présence silencieuse.