Marie Gueydon de Dives
Marie Gueydon de Dives modèle à la main des formes évoquant lichens, champignons ou termitières, structures poreuses qui se développent par circulation et échanges avec leur milieu. Entre forme construite et forme vivante, ses pièces en céramique brouillent les repères. Le corps n'y apparaît jamais comme figure mais comme système traversé de flux, inscrit dans les logiques plus larges du vivant. Un déplacement subtil du regard sur notre propre corporalité.
Natascha Madeiski
Nourrie par la tradition de la sculpture sur bois du Tyrol du Sud, Natascha Madeiski transpose dans la céramique un vocabulaire de taille directe où incisions, reliefs et profondeurs construisent forme et rythme. Les matériaux industriels et les aléas de la cuisson introduisent résistance et imprévisibilité. Ses pièces portent les traces superposées du geste et du retrait, où le corps de la créatrice dialogue avec la matière, l'espace et ce qui s'y inscrit en creux.
Léonie Chauchat
Le pot, objet céramique par excellence, est le point de départ du travail sculptural de Léonie Chauchat. De cette forme première, elle déploie un répertoire d’«objets coquilles», naturels ou manufacturés, dont elle explore les analogies: pots, corps, coquillages, maisons, autant de contenants protecteurs. Par l’assemblage et le collage naissent des pièces hybrides où le corps se révèle comme notre contenant premier, notre enveloppe, à la fois identité, refuge et outil.
Nina Malo
Nina Malo ne représente pas le corps, elle le fait advenir. Avec Corps & Graphie, elle déploie des volumes organiques, des courbes tendues et des spirales où la matière se contracte et s’équilibre comme traversée par une énergie interne. Inspirée par le monde marin, elle explore des formes en perpétuelle transformation où affleurent, dans les creux et les cavités, des notions de féminité et d’intimité. Une écriture épurée où la simplicité devient essentielle
Amélie Patry
Amélie Patry fait corps avec le paysage. Au fil de marches et de récoltes dans les territoires ligériens et montagneux, elle glane argiles, roches et végétaux pour donner vie à ses pièces. Ses gestes prolongent ceux du néolithique: creuser, broyer, pétrir, modeler. Chaque objet encapsule une géographie intime, figée par le feu. Comme des fossiles faussant l’échelle du temps, ses céramiques semblent ressortir de terre, burinées par les siècles, corps géologiques rendus au visible.
Capucine Pageron
Venue du design d’espace et du dessin, Capucine Pageron a trouvé dans la céramique le médium qui relie ses deux pratiques. Elle conçoit des scènes miniatures du quotidien, maquettes de chambres, cuisines, salles de bain où une figure féminine évolue dans des espaces intérieurs et anachroniques. Ces instants figés rendent hommage aux gestes presque mécaniques de la vie à la maison, au corps dans l’intimité de ses rituels. Un univers entre maquette et cinéma d’animation.
Marie-Josée Comello
Le bijou crée une relation intime avec le corps, objet silencieux qui absorbe le temps, le toucher et la mémoire. Marie-Josée Comello prend pour point de départ les bijoux de sa mère, porteurs d’une présence au-delà de l’absence. De cette histoire personnelle naît une réflexion universelle sur l’héritage, les liens familiaux et la transmission par les objets. Ses pièces en céramique explorent la complexité du corps humain, sa force et sa fragilité, entre tangible et insaisissable.
Anne Breton
Aux origines des explorations en terre d’Anne Breton naissent des montagnes. Peu à peu, elles s’animent. Les yeux percés, elles deviennent portraits fantômes. Des jambes et des bras poussent, les apparitions se métamorphosent en figures: enfant paille, femmes buissons, oiseau de nuit. Des corps figés dans le grès mais en mouvement dans nos imaginaires. Ces sculptures esquissent un univers aux frontières fluides, explorant les liens subtils entre la vie et la mort, la nature et ses créatures.
Raphaël Emine
Avec MotherS/Cells_Eggs, Raphaël Emine dévoile un ensemble de céramiques ovoïdes évoquant des corps issus d’autres mondes. Hybridations d’organique et de minéral, ces formes suggèrent l’éclosion d’espèces inconnues, entre science-fiction, bande dessinée et littérature fantastique. En contraste avec les objets d’art et de design du showroom Teo Jakob, ses sculptures s’affranchissent des proportions du corps humain pour nous immerger dans un récit où la création dialogue avec l’ensemble du vivant.